Chère lectrice, cher lecteur,
Depuis ses débuts en 2007, l’Institut pour la Justice est la seule association qui se bat exclusivement pour que le système judiciaire français se mette à l’écoute des préoccupations des citoyens, et devienne donc plus protectrice des victimes.
Ce qui ne fait pas débat en effet est que la Justice est sous le feu des critiques depuis des années, un constat d’ailleurs partagé à gauche comme à droite. Selon les sondages, une large majorité de Français n’a pas confiance en sa Justice. Une situation intolérable.
Et pourtant, est-ce une surprise ? Les Français réclament plus de fermeté judiciaire depuis tant d’années et quasiment jamais une réforme législative n’est allée dans le sens de leurs demandes. L’Institut pour la Justice se veut donc une interface entre le monde judiciaire parfois difficile d’accès et complexe, et les aspirations populaires, parfois simplificatrices mais toujours légitimes.
La tâche est immense, car il faut véritablement révolutionner un ensemble qui a été profondément malmené par 40 ans de modifications incohérentes et impopulaires. Cette deuxième édition du livre blanc de l’Institut pour la Justice est donc la compilation de 29 mesures que notre collège d’experts a évaluées comme prioritaires. Elles permettent d’une part de revenir aux fondamentaux de la tradition pénale française, avec des peines planchers, un respect des décisions de première instance ou une impartialité uniforme du corps des magistrats. Mais elles permettent également de moderniser le système, sur la base de ce que réclament les citoyens, avec une plus grande transparence des décisions et une place plus importante pour les victimes dans le procès pénal.
Si les décideurs publics ne parviennent pas à remonter rapidement la pente et à refaire du système judiciaire l’instrument par excellence du maintien de la paix sociale et de l’ordre public, alors les comportements d’auto-défense et de vengeance continueront de faire leur grand retour. La fin de ce processus de pacification de la société française serait pourtant le signe ultime d’une décivilisation.
La réinsertion des délinquants doit redevenir un objectif secondaire par rapport au principe fondateur de la Justice : protéger les innocents.
La principale mesure à retenir de ce livre blanc est la construction de places de prison. Le nombre total est très hypothétique et incertain. Mais la seule certitude est qu’il est considérablement plus élevé que les projets annoncés il y a plus de 10 ans par le candidat Emmanuel Macron. Le retard accumulé en la matière rend cet objectif prioritaire sur tous les autres, car aucune réforme judiciaire ne peut aller dans le sens de la fermeté sans construction massive.
Ce livre blanc n’est pas un guide technique, ni un recueil de propositions de loi, il s’attache à rendre simples et accessibles les grandes orientations que nécessite notre Justice. Dans sa très longue histoire, la France a connu des périodes sombres mais d’autres aussi étincelantes. La réforme de la Justice a pour but de changer de cycle.
Déclarer la guerre à l’insécurité, c’est en réalité rétablir la paix.
Avec tout mon dévouement,
Axelle Theillier, Présidente