Études

3 mai 2016

Le fardeau des crimes et délits qui provoquent les blessures de l’intimité

Jacques Bichot, économiste, professeur émérite à l’université Lyon III

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Il est toujours délicat d’évaluer le coût que peuvent représenter la criminalité et la délinquance, car chacun sent bien que les préjudices subis par les victimes de celles-ci ne peuvent pas être adéquatement représentés par des sommes d’argent. A fortiori pour ce qui relève des blessures de l’intimité, c’est à dire les violences sexuelles et les maltraitances internes à la famille, qui ont une charge émotionnelle si grande. Pourtant, il est nécessaire de comparer les conséquences économiques de ces actes au coût des mesures qui permettent (ou permettraient, si elles étaient prises) d’en limiter le nombre et d’apporter quelque remède aux blessures provoquées. Car les ressources sont toujours limitées et des choix budgétaires s’imposent donc inévitablement aux décideurs publics.

Or si une dépense publique s’avère économiquement rentable, c’est-à-dire si elle permet non seulement d’améliorer la situation de certaines personnes, mais si de plus elle a comme conséquence d’augmenter la production, et donc les ressources disponibles, ou de diminuer certains gaspillages, son financement est plus facile, puisqu’elle génère des économies, une augmentation de la production et des rentrées de cotisations sociales et d’impôts. Il est non moins nécessaire d’étudier la pertinence relative des différentes mesures envisageables, car l’efficacité d’une dépense donnée peut varier considérablement selon que cet argent est utilisé d’une façon plus ou moins intelligente. Le « retour sur investissement » est plus ou moins important.

L’étude effectuée par le professeur Jacques Bichot pour le compte de l’IPJ démontre ainsi non seulement que les budgets publics consacrés aux blessures de l’intimité ne sont pas quantitativement à la hauteur du problème, car ces blessures représentent un coût économique considérable et que s’y attaquer plus sérieusement pourrait apporter une contribution efficace à la bonne santé économique du pays, mais aussi que l’argent public qui est déjà employé à cette fin pourrait être dépensé de façon plus efficace.

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