Décryptage

Atlantico interroge l’Institut pour la Justice sur le bilan du quinquennat Macron

Le président de la République s’est invité sur TF1 ce mercredi soir afin de dresser -notamment- « un bilan de son quinquennat ».

Publication
15 décembre 2021
Durée de lecture
1 minute
Média
Atlantico

OÙ VA LA FRANCE ?

Top 10 des préoccupations des Français

quel bilan pour Emmanuel Macron, chapitre par chapitre ?

SECURITE

Pierre-Marie Sève : Le quinquennat Macron sera passé comme un fantôme dans l’évolution de la sécurité en France. Si l’on observe les statistiques de la délinquance et de la criminalité, on constate que la délinquance a assez fortement augmenté sur les 10 dernières années. Cette évolution qui a commencé sous Sarkozy s’est poursuivie sous Hollande puis sous Macron. Les agressions (Coups et blessures volontaires) ont augmenté de 30% en 10 ans, les cambriolages ont augmenté de 38%, les violences sexuelles ont doublé et les homicides et tentatives d’homicide ont doublé elles aussi.

C’est donc d’abord du point de vue statistique que le quinquennat Macron sera passé comme un fantôme car il n’aura eu absolument aucun impact sur l’évolution de la délinquance et de la criminalité.

Ensuite, il y a certains points objectifs sur lesquels le quinquennat Macron a lourdement failli.

Le tout premier est peut-être le plus important : la construction de places de prison.

C’est le nerf de la guerre contre la délinquance. Sans places de prison, il ne peut y avoir d’action dissuasive contre la délinquance. Emmanuel Macron lui-même le savait puisqu’il avait promis le chiffre relativement intéressant de 15 000 nouvelles places dans son programme en 2017. Cinq ans plus tard, ce sont 2000 places qui ont été construites. Ce nombre est ridiculement bas et marque un vrai point noir de la lutte contre la délinquance. Les moyens n’ont clairement pas été pris.

Autre point noir qui montre à quel point Emmanuel Macron n’a pas pris la mesure du problème, ce sont les recrutements de magistrats. Depuis une dizaine d’années, le nombre de nouveaux magistrats, fixé chaque année par le ministre de la Justice, tournait autour de 250 places annuellement. Un nombre encore insuffisant à beaucoup de points de vue mais qui marquait une accélération par rapport aux années 2000. Mais cette année, le nombre de magistrats recruté sera de 195, le plus bas niveau depuis 10 ans. Comment le ministre de la Justice explique-t-il ce nombre ? ne sait-il pas qu’une Justice pauvre est une Justice inefficace ?

Enfin, au niveau symbolique, Emmanuel Macron n’a jamais eu de ligne intellectuelle claire :

Il a oscillé entre le wokisme et des faux-airs sécuritaires au gré des sujets dans l’actualité. Rappelons-nous son interview sur le média Brut. Il avait soutenu qu’il y avait des violences policières, donnant du grain à moudre à toute l’extrême gauche anarchiste. Quelques mois auparavant, son Ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, acceptait de mettre un genou à terre et lâchait une des phrases les plus déplorables du quinquennat : « l’émotion dépasse les règles juridiques ». C’est cette phrase qui symbolise le mieux les 5 années qui viennent de s’écouler : l’émotion, la communication, l’image, mais surtout pas de règles claires et respectées.

Lire l’article.

À consulter également