Atlantico : Sir Mark Rowley, chef de la police métropolitaine de Londres, défend dans le Financial Times l’idée que la capitale est « extraordinairement sûre » et souligne que le nombre d’homicides y a atteint un niveau historiquement bas. La baisse des homicides rapportée est-elle réellement significative ?
Pierre-Marie Sève : Oui, il y a une baisse importante sur les vingt dernières années, mais il faut la replacer dans une perspective historique. Elle suit une forte hausse des années 70, 80 et 90, comme en France. Les années d’après-guerre avaient déjà montré des niveaux très bas, qu’on pourrait qualifier de structurels pour l’époque. Comparer Londres à Paris et sa petite couronne est pertinent, car ce sont deux aires urbaines comparables, grandes rivales historiques, confrontées aux mêmes types de criminalité urbaine. Comparer Londres à Paris intra-muros serait trompeur et pourrait donner une idée fausse de la sécurité réelle dans ces grandes métropoles.