TRIBUNE. Procès des attentats de Trèbes, procès Depardieu, Dati, ou Le Priol : aucune image ne filtrera de ces procès retentissants car, en France, la captation vidéo des procès est interdite depuis 1954. Une interdiction qui contrevient au principe de publicité de la justice et creuse le fossé entre juges et citoyens. Il est temps de faire bouger les choses.
Pour comprendre l’origine de l’interdiction de filmer les procès, il faut remonter au procès de Gaston Dominici en 1954. Accusé de l’assassinat d’une famille britannique, celui-ci est condamné à mort, avant d’être gracié par le général de Gaulle. L’affaire retient en haleine toute la France pendant des années, et les journalistes sont omniprésents dans la minuscule salle de la cour d’assises. A l’époque, certains journaux font dans le sensationnalisme et les flashs des photographes aveuglent en permanence accusé, avocats et témoins, nuisant indubitablement à la sérénité des débats.