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Numéro 10 de la RFCDP

avril 2018

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Sommaire du numéro

Tocqueville et Beaumont sur la réforme des criminels, par Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont

La Théorie Humanitaire du Châtiment, par C. S. Lewis

La généralisation du travail en prison : un projet viable et nécessaire afin de maximiser l’effet réhabilitant des peines privatives de liberté, par Alexis Carré

Devenir honnête par le travail, par Howard Husock

Déradicalisation en prison : un défi d’actualité, par Fanny Charlent

Fidèle à sa vocation interdisciplinaire, la Revue Française de Criminologie et de Droit Pénal réunit une nouvelle fois pour son dixième numéro, consacré à la réhabilitation des délinquants, des contributions variées émanant de théoriciens et de praticiens du droit pénal et de la criminologie.

 

En 1833 paraissait Le système pénitentiaire aux États-Unis et son application en France, par Tocqueville et Beaumont.  Bientôt deux siècles après sa parution, l’ouvrage de Tocqueville et Beaumont n’a rien perdu de son intérêt. La question à laquelle les deux hommes allaient chercher une réponse en Amérique est en effet toujours la nôtre : existe-t-il un moyen de « rendre meilleurs [les] criminels que la société a momentanément retranchés de son sein, ou tout au moins de s’opposer à ce que, dans leur prison, ils ne deviennent plus méchants. » La RFCDP propose à ses lecteurs le troisième chapitre de la première partie du Système pénitentiaire aux États-Unis et son application en France, dans lequel Tocqueville et Beaumont portent un jugement global sur la capacité des pénitenciers à réformer les criminels qui y sont enfermés, précédé d’une introduction générale.

 

Selon la théorie Humanitaire du châtiment, qui prévaut aujourd’hui, punir un homme parce qu’il le mérite, et autant qu’il le mérite, est simplement de la vengeance, et par conséquent barbare et immoral. Les seuls motifs légitimes pour punir sont le désir de dissuader par l’exemple ou de corriger le criminel. C.S Lewis nous explique pourquoi cette théorie en apparence miséricordieuse dissimule en fait la possibilité d’une cruauté et d’une injustice sans fin.

 

L’activité en milieu carcéral diminue de manière constante en France depuis l’abrogation en 1987 du caractère obligatoire du travail carcéral. Pourtant, pour que le temps d’incarcération ne soit pas un temps mort laissant libre cours aux socialisations criminelles ou radicales, il est important de le structurer par des activités ayant pour but la réinsertion du criminel et la réforme de son comportement. Alexis Carré nous explique pourquoi le travail devrait à nouveau être généralisé en prison, et comment il serait possible d’y parvenir.

 

Chaque année, aux États-Unis, plus de 600 000 prisonniers sortent des établissements pénitentiaires fédéraux ou locaux. Selon le ministère de la Justice, 67 % de ces ex-condamnés sont arrêtés dans les trois années qui suivent pour avoir commis un nouveau délit. Depuis des décennies, le gouvernement fédéral essaie de résoudre le problème de la récidive en finançant des programmes destinés à amener les ex-condamnés vers l’emploi. Cependant, les études ont montré que ces programmes avaient peu de succès pour maintenir durablement dans l’emploi les anciens délinquants – et pour les tenir éloignés de la prison. En revanche, des initiatives privées, comme EDWINS à Cleveland, ou GOSO à Manhattan sont de véritables réussites pour réinsérer les anciens détenus. Howard Husock nous explique pourquoi ces organisations indépendantes à but non lucratif offrent une perspective plus prometteuse que les programmes gouvernementaux.

 

La radicalisation islamiste implique une réflexion sur des modes de lutte contre celle-ci. Alors que les politiques peinent à instaurer un processus d’action efficace au sein de la population libre, il en est de même en ce qui concerne le milieu carcéral, la prison n’étant pas épargnée par le phénomène. La déradicalisation vise un abandon concomitant de la violence et des idées qui la sous-tendent. Fanny Charlent nous explique les mécanismes psychologiques inhérents au procédé de déradicalisation et nous propose une étude de droit comparé, sur la base de la législation de pays précurseurs en la matière.

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