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4 mars 2022

Pourquoi l’Europe de l’Est ne connaît-elle pas l’insécurité ?

De plus en plus de Français voyagent en Europe de l’Est. Une vie moins chère, des paysages magnifiques, des peuples accueillants, l’Europe de l’Est ne manque pas d'atouts pour attirer les touristes.

Pourquoi l’Europe de l’Est ne connaît-elle pas l’insécurité ?

De plus en plus de Français voyagent en Europe de l’Est. Une vie moins chère, des paysages magnifiques, des peuples accueillants, l’Europe de l’Est ne manque pas d’atouts pour attirer les touristes. Mais il est un sujet plutôt original qui attire spécifiquement les touristes français. C’est la quasi absence de criminalité ou de délinquance. Laisser son vélo dans la rue sans protection, marcher seul la nuit, tous ces comportements nous semblent presqu’inimaginables en France et semblent pourtant exister en Pologne, Hongrie ou Roumanie. C’est de ce simple constat que l’idée nous est venue de comparer, d’analyser la situation de l’insécurité en France et en Europe de l’Est. Cette impression n’est-elle justement qu’une impression ou s’appuie-t-elle sur une réalité ?

Pour apprécier la réalité de l’insécurité, nous disposons de nombreux chiffres et statistiques.

En cette matière, les comparaisons entre pays sont toujours malaisées car les qualifications pénales différent entre les États. Mais l’Union européenne a cet avantage qu’elle permet de regrouper des statistiques, notamment par le biais d’Eurostat, le tout facilitant les comparaisons. Eurostat compile ainsi différentes données concernant la criminalité, la délinquance ou encore la population pénitentiaire. Procédons dans l’ordre. 

L’indicateur qui fait le moins débat est celui des homicides volontaires. A ce titre, la France en enregistre 1,3 pour 100 000 habitants. A titre de comparaison, la Hongrie n’en compte que 0,59 pour le même nombre d’habitants sur la même année, la Pologne 0,54. Il y a donc en moyenne deux fois plus d’homicide par habitant en France qu’en Europe de l’Est.

Ensuite, en ce qui concerne les actes de délinquance, de violence ou de vandalisme, selon Eurostat, la France en compte 18 pour 100 habitants, la Hongrie en dénombre 5, la République Tchèque quant à elle en compte à peine 6. La France compte alors 3 fois plus d’actes de violences que ces deux pays. Au vu de ces chiffres, il ne fait aucun doute que la France est largement plus touchée par la violence et l’insécurité qui en découle. 

La plateforme Numbéo évoque des statistiques toutes aussi intéressantes. En fonctionnant grâce à des sondages d’opinion, Numbéo se base sur le ressenti des habitants et des touristes. Ici, il est assez aisé de remarquer que les statistiques d’Eurostat sont largement confirmées par le sentiment général des populations sur l’insécurité. A titre d’exemple, à la question “Etes-vous en sécurité de marcher seul la nuit en France?” à peine 30% des individus interrogés ont répondu oui. En Roumanie, 65% ne craignent pas de rentrer seul la nuit, en Pologne, ils sont 62% à avoir répondu oui. 

Comment expliquer cet écart si important d’actes délictueux, voire criminels, entre la France et les pays de l’Est européen ?

Deux facteurs sont ici à prendre en compte : l’immigration et la Justice.  

Depuis de nombreuses années, le lien entre immigration et délinquance ne fait plus débat. A ce titre, l’Institut pour la Justice a publié une étude (disponible ici) sur le lien – on ne peut plus clair – entre immigration et délinquance. On y apprend par exemple que les étrangers, c’est-à-dire les personnes qui résident en France et ne possèdent pas la nationalité française, représentaient 24% des détenus dans les établissements pénitentiaires français en 2020, alors qu’ils ne représentent que 7,5% de la population. 

Si l’immigration stimule l’insécurité, quel est précisément l’état de l’immigration en France et en Europe de l’Est ?

Alors, en matière d’immigration, intéressons-nous d’abord aux statistiques du Centre d’analyse de données migratoires mondiales. Outre le fait que le nombre de réfugiés a quadruplé en 20 ans en France (510 000 en 2020 contre 130 000 en 2000), la Pologne n’en compte, elle, que 17 000. 

Enfin, sur la proportion d’étrangers dans la population totale, la France est indubitablement un pays d’immigration avec 7,5% de la population totale constituée d’étrangers. Alors que la Pologne n’en compte que 1% (un taux qui a par ailleurs quadruplé en 10 ans) et la Hongrie seulement 0,5% ! 

L’écart flagrant entre toutes ces données ne fait aucun doute : la France, pays des Droits de l’Homme favorisant largement l’installation durable de personnes immigrées et étrangères sur notre territoire, a alors vu simultanément à cette immigration massive, l’insécurité augmenter. L’immigration de peuplement et non plus de travail, à majorité d’origine extra-européenne, sont la cause de l’aggravation de ce “sentiment d’insécurité”, qui n’est finalement plus tant un sentiment mais bien une réalité.  

Enfin, il reste la Justice. 

Étudier le lien entre la Justice et l’insécurité est aussi important que nécessaire. Effectivement, différents éléments permettent d’affirmer qu’une Justice qui fonctionne bien, dont le budget est conséquent, et qui dispose de moyens (humains, institutionnels) pour punir contribue à assurer la sécurité des citoyens. 

Il est intéressant de constater que, selon un rapport de la Commission européenne pour l’efficacité de la Justice, en Pologne on compte presque 26 juges pour 100 000 d’habitants. La Roumanie en dénombre 24 pour 100 000 habitants, et la Hongrie 30! De plus, ces pays ont largement investi dans leur Justice ces dernières années, en augmentant le nombre de juges mais aussi en augmentant les salaires des magistrats. 

En revanche, on observe que les pays d’Europe occidentale ont un nombre de juges pour 100 000 habitants plus faible. C’est notamment le cas de la Belgique, du Danemark, de la France, de l’Irlande, de l’Italie, de la Norvège, de l’Espagne, de la Suède, de l’Angleterre. En France par exemple, l’on compte seulement 10 juges pour 100 000 habitants. 

Là encore, les pays de l’Est européen sont mieux lotis en nombre de juges, plus de deux fois plus nombreux.

Pourtant première toutes catégories de délinquance confondues, la France compte, paradoxalement, moins de places de prison que la Pologne, une différence qui s’élève à plus de 24 000 en faveur de la Pologne! On peut alors facilement imaginer à quel point le sentiment d’impunité a davantage cours en France qu’en Pologne.

Tous ces facteurs participent de l’amplification de l’insécurité. De la Pologne, en passant par la Hongrie jusqu’en Roumanie, ce bref examen des principaux chiffres menés ici permet d’affirmer que ces pays sont bien épargnés par l’insécurité qui est, à l’inverse, bien ancrée en France. En Europe de l’Est, la faible immigration et le fort investissement dans la Justice permettent d’assurer efficacement la sécurité concrète des habitants, droit fondamental d’une société moderne.

C’est à la vue de ce constat, qu’en France, l’Institut pour la Justice continuera de dénoncer les causes de l’insécurité afin de préférer un niveau de vie et de sécurité équivalent à celui des pays de l’Est, plutôt que d’assister en France – passivement – à un véritable ensauvagement. 

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