Tribune

Réforme pénale : et la montagne accoucha d’une souris…

Me Guillaume Jeanson, porte-parole de l'Institut pour la Justice publie une tribune sur le Figarovox pour commenter les récentes annonces du Président de la République. Il avait promis 15 000 places de prison supplémentaires lors de la campagne, ce sera moitié moins.

Publication
12 mars 2018
Durée de lecture
1 minute
Média
Figarovox

En déplacement à Agen, Emmanuel Macron a annoncé renoncer à la construction de 15000 places de prison, comme il l’avait promis lors de la campagne. Me Jeanson décrypte cette décision pour le Figarovox et explique notamment :

Et pourtant, dès le mois de juillet 2017, le Premier ministre Edouard Philippe assurait dans son discours de politique générale que le gouvernement tiendrait la promesse de créer ces 15 000 places supplémentaires de prison. À l’automne, les premières lézardes étaient toutefois apparues sur ce mur de certitudes. La Chancellerie avait en effet révélé que cet engagement ne serait tenu, non plus sur un, mais plutôt sur deux quinquennats. Le tour de passe-passe semblait assez grossier. Cette information avait donc sonné comme un véritable coup de tonnerre chez tous ceux dont les attentes avaient déjà été passablement éprouvées par les atermoiements répétés des locataires précédents de l’Élysée

L’année 2018 s’était ensuite ouverte sur l’annonce généreuse de la garde des Sceaux Nicole Belloubet de généraliser les téléphones fixes dans toutes les cellules des prisons. La tentative de meurtre d’un surveillant par un détenu radicalisé avait peu après plongé l’exécutif dans une crise pénitentiaire épineuse. Une crise émaillée de nombreux incidents, et qui avait donné lieu à une négociation difficile. C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron avait semblé temporiser, lors de son discours de rentrée solennelle de la Cour de Cassation. Annonçant un «plan pénitentiaire global» pour la fin du mois de février, il avait rappelé l’objectif de 15 000 places de prison supplémentaires prévues sur le quinquennat.

Nul ne saurait vraiment dire si, à ce stade, les inquiétudes de ceux qui attendaient que cet engagement soit tenu étaient pleinement dissipées. Mais voici que mardi, en déplacement à Agen, Emmanuel Macron s’est pris à expliquer devant l’École nationale d’administration pénitentiaire que, bien que reprenant à son compte l’objectif de 15 000 places supplémentaires annoncées en octobre 2016 par le gouvernement précédent, il allait se contenter de n’en construire que 7 000 en cinq ans.

7 000 places seulement. C’est-à-dire moins de la moitié de l’engagement qu’il avait pris. La montagne a accouché d’une souris.”

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