Tribune

Procès de Viry-Châtillon : notre tribune dans le FigaroVox

«Une décision judiciaire qui renforce le sentiment d’impunité»

Parmi les individus qui avaient essayé de brûler des policiers à Viry-Châtillon en 2016, seulement cinq ont été condamnés en appel samedi. Pour le délégué général de l’Institut pour la justice Pierre-Marie Sève, cette décision participe à encourager la délinquance en désavouant les forces de l’ordre.

Publication
19 avril 2021
Durée de lecture
1 minute
Média
FigaroVox

En octobre 2016, deux voitures de police étaient stationnées à la Grande Borne, au carrefour du fournil, sous une caméra de surveillance. Quelques semaines plus tôt, cette caméra avait été installée pour réduire les carjackings et le trafic de drogue.

Ce jour-là, d’après les témoins, seize personnes sont arrivées cagoulées. Elles ont brisé les vitres des voitures de police puis, sans laisser le temps à leurs occupants de réagir, ont lancé des cocktails molotov à bout portant à l’intérieur des voitures.

Elles bloquent alors violemment les portières des voitures et lancent des pierres pour empêcher les policiers de sortir. Un policier qui parvient à s’extraire est roué de coups, les autres reçoivent des pierres. Puis le groupe prend la fuite.

L’enquête aura été éprouvante, mais au terme de celle-ci, un jugement a lieu deux ans plus tard. Le verdict tombe fin 2019. Alors qu’on distinguait 16 silhouettes sur la vidéo de surveillance, il n’y a que 13 accusés, et finalement que 8 condamnés pour des peines de 10 à 20 ans de prison.

Mais pour avoir voulu tuer des policiers, pour avoir fait preuve d’autant de cruauté, 10 à 20 ans, c’est bien trop peu selon le procureur qui fait appel.

Ce samedi 17 avril 2021, l’appel était rendu.

La cour d’assises des mineurs de Paris a cette fois condamné non plus 8 personnes mais 5. Et ils ne sont plus condamnés à 10 ou 20 ans de prison, mais à 6 ou 18 ans. Pour couronner le tout, à l’écoute du verdict, les condamnés ont physiquement attaqué les acquittés et les gendarmes dans le box. Le procès finit en une bagarre générale qui s’étend même au public dans la salle.

C’est une faillite totale, une Bérézina judiciaire qui sonne comme un signe de plus de l’effondrement de la Justice française, devenue incapable de régler les problèmes que la société lui présente.

Ce jugement est d’abord scandaleux parce qu’il est injuste.

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