Interview

“Mur des cons” : cinq ans après, le procès …

Alors que le "Mur des cons" revient dans l'actualité, Me Guillaume Jeanson, porte-parole de l'Institut pour la Justice, répond aux questions d'Atlantico sur le procès d'une dérive politique de la justice.

Publication
6 décembre 2018
Durée de lecture
1 minute
Média
Atlantico

Extrait de l’interview de Me Guillaume Jeanson dans Atlantico :

L’orientation de la magistrature avait été fortement remise en question à la découverte de ce mur. Est-elle toujours un problème aujourd’hui ?

L’orientation en question a beau ne concerner qu’une minorité de magistrats, les dégâts d’images causés par cette affaire n’en demeurent pas moins considérables. Fustigeant la réaction désastreuse du syndicat de la magistrature tout au long de cette affaire, le magistrat en disponibilité Guillaume Didier, lui aussi brocardé sur ce mur, a ainsi pu écrire ces mots très forts : « Votre réaction, à l’occasion de cette crise, a été catastrophique. Arrogante et sans empathie, elle a amplifié le scandale et gravé durablement dans la mémoire des Français votre triste initiative. Depuis six ans maintenant, les dégâts causés dans l’opinion publique sur l’image de la magistrature restent immenses. ». Qui a oublié en effet qu’en octobre dernier le journal Le Point a prouvé, avec une vidéo, que Françoise Martres, l’ex-présidente du syndicat de la magistrature mise en cause dans cette affaire, avait bien vu et parlé avec le journaliste devant le « mur », en dépit de ce qu’elle avait affirmé devant le juge d’instruction ?

Est-ce que les choses vont changer ? A lire les propos d’audience de cette dernière, rapportés par Pascale Robert-Diard, il est permis d’en douter : « (…) ce n’est pas l’ignominie dont on nous parle tout le temps. Et « con », ce n’est pas non plus l’injure suprême. »

Cette attitude inquiète pour l’avenir. Elle inquiète d’autant plus lorsqu’on apprend, toujours via Guillaume Didier, mais cette fois-ci sur twitter, que « sur France Inter, l’ex présidente du syndicat de la magistrature dénonce « une attaque de la droite contre le syndicalisme judiciaire ». Autant de mauvaise foi désarmerait presque. Rappelons-le s’il en était encore besoin : le syndicalisme judiciaire est évidemment un droit qu’il ne s’agit aucunement de remettre en cause ici. Mais le syndicat est là pour assurer la défense des intérêts de ses membres. Or, ce qui est en jeu ici, c’est la dérive politique du syndicalisme. Ce qui est jeu, c’est cette forme dévoyée du syndicalisme qui est d’une toute autre nature, car il bafoue allègrement le devoir de réserve des magistrats et entache ainsi l’image d’impartialité si nécessaire à la fonction suprême de juger. Pourquoi ? Parce que, comme a pu le rappeler Philippe Courroye (lui aussi en bonne place sur ce mur) dans son livre « reste la justice », si certains magistrats tels que Serge Portelli, estiment heureusement que : « quand on est juge, on met une robe et on laisse de côté ses convictions politiques, militantes ou religieuses », d’autres n’hésitent pas à tenir malheureusement des propos bien plus ambigües. Mathieu Bonduelle, ancien secrétaire général du syndicat de la magistrature, a ainsi affirmé dans la Gazette du Palais du 30 août 2013, que « prétendre que les juges doivent être neutres, c’est leur dénier le droit de juger ».

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