Tribune

Face au terrorisme, que peut-on (encore) faire ? L’IPJ répond au Figarovox

Au lendemain de l'attentat de Trèbes, Maître Guillaume Jeanson, porte-parole de l'Institut pour la Justice, répond à la question du Figarovox : "face au terrorisme, que peut-on (encore) faire ?"

Publication
30 mars 2018
Durée de lecture
1 minute
Média
Figarovox

Le porte-parole de l’IPJ répond à cette question en disant notamment :

Bien sûr, le risque zéro n’existe pas et n’existera jamais. Bien sûr cette menace fait désormais partie intégrante de notre quotidien et elle le sera sans doute pour longtemps. Est-ce à dire pour autant que nous devrions nous résigner? Est-ce à dire que nous devrions, par fatalisme, nous contenter d’une forme de statu quo? Au nom du sacrifice de ces victimes, et de toutes celles à venir, nous ne saurions décemment l’accepter. Il ne s’agit ni de se réfugier dans l’utopie, ni de réparer l’injustice par l’injustice. Non. Ce dont il s’agit, c’est de chercher, humblement mais inlassablement, à faire mieux, là où nous le pouvons encore. Faire mieux sur la question du fichage. Faire mieux sur celle de la porosité inquiétante qui existe entre le terrorisme et la délinquance de droit commun. Faire mieux enfin sur celle de ces zones de non-droit qui prolifèrent comme autant de terreaux fertiles d’une détestation et d’un rejet de plus en plus affirmé de notre modèle de société. Et puisque la guerre qu’on nous prédit sera longue, octroyons-nous des moyens décents pour la mener.

Ces moyens doivent d’abord concerner les renseignements. Éric Ciotti a rappelé très opportunément qu’en près d’une décennie les effectifs de la DGSI ont progressé d’à peine 30 % alors que «le nombre de personnes dans les radars des services pour islamisme radical a été multiplié par quatre». Ces moyens doivent ensuite concerner la justice et la pénitentiaire. Interrogée dimanche au sujet du fonctionnement de la justice terroriste, Virginie Duval, présidente de l’Union Syndicale des Magistrats, préconise elle aussi de renforcer les «moyens humains pour faire face à l’afflux de jugements qui vont avoir lieu».”

Il termine son propos en rendant hommage au Lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, qui a perdu la vie en sauvant celle d’une otage :

Ces derniers jours, nombreux ont rapproché le sacrifice du lieutenant-colonel de Gendarmerie Arnaud Beltrame de celui de Maximilien Kolbe. Ce prêtre catholique polonais qui, déporté à Auschwitz, s’est sacrifié pour prendre la place de Franciszek Gajowniczek, un père de famille désigné par les nazis pour rejoindre une colonne de dix condamnés à mourir de faim, en représailles de l’évasion d’un détenu. Maximilien Kolbe, qui mettra trois semaines à mourir avant d’être achevé par une injection de phénol, a été canonisé comme «martyr» en 1982 par le pape Jean-Paul II. Comme l’a superbement écrit François-Xavier Bellamy, «Après tout, les djihadistes n’admirent rien tant que les martyrs. Mais nos martyrs, eux, servent la vie. Et en nous le rappelant, Arnaud Beltrame, comme ses frères d’armes qui se sont risqués avec lui, nous sauve aussi de nous-mêmes, et de nos propres oublis…»”

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