Emmanuel Cueff : Cet ancien parachutiste voulait défendre sa femme

Cette lettre a été envoyée aux adhérents de l’Institut pour la Justice le 8 novembre 2021.

 

Pierre-Marie Sève de l'IPJ Madame, Monsieur,

Emmanuel Cueff est arrivé tout jeune de Mulhouse pour s’engager pour son pays.

Il avait les qualités parfaites pour devenir parachutiste : l’altruisme mais aussi un courage à toute épreuve.

C’était aussi un homme discret et consciencieux, qui a rempli ses missions partout où il a été envoyé : les Balkans, l’Afrique.

Entré comme militaire du rang, son grade de caporal-chef témoigne de la qualité de ses services. Il était basé à Montauban, une jolie ville française typique et toute sa famille s’y plaisait.

C’est tout naturellement qu’il y est resté après 17 ans de service, pour entamer sa vie après l’armée.

Ce vendredi 29 octobre, c’était une petite libération. Après une semaine de travail bien chargée, il fallait décompresser, passer un peu de temps avec sa femme, tranquillement. Parler du travail, des dernières nouvelles des copains et des notes d’école des enfants.

S’amuser aussi un peu : prendre un verre, écouter un peu de musique puis rentrer à la maison. Le week-end s’annonçait reposant.

Certes, il y avait un peu de travail à faire dans le jardin, mais ce serait l’esprit libre et reposé…

Mais ce vendredi soir va basculer dans l’horreur. Au Nautic, un restaurant à la mode avenue de Toulouse, Séverine, la femme d’Emmanuel est importunée par un homme. Au bout de quelques minutes, elle met les choses au clair : elle est avec son mari et ne veut pas d’embrouille.

De toute façon, elle ne craint rien, elle sait qu’elle peut compter sur Emmanuel pour la défendre comme il l’a toujours fait.

Mais l’homme insiste, malgré la présence d’Emmanuel. Ce dernier se lève et se met devant sa femme en protecteur. L’embrouille commence très vite, sans qu’Emmanuel n’ait rien fait pour envenimer les choses.

L’homme en question n’est pas seul, trois compères l’accompagnent et ils se rapprochent très près d’Emmanuel, lui mettent la main sur l’épaule.

Les choses vont assez vite. Emmanuel se dégage et emmène sa femme à l’extérieur, il faut rentrer à la maison. Alors qu’ils sortent, les quatre hommes ne lâchent rien. L’embrouille continue et ces derniers s’excitent de plus en plus dans le couloir, insultant Emmanuel et Séverine.

Arrivés dehors, c’est la rupture : la violence se déchaîne. Un coup vicieux atteint Emmanuel par-derrière, puis un second. Ils sont quatre contre lui. Selon le rapport de police, il a été roué de « coups de poing et de pied ».

Séverine voudrait l’aider, mais elle aussi est frappée violemment. Face à quatre hommes déchaînés, Emmanuel n’a aucune chance. Sa vue se brouille et il tombe. Sa tête frappe violemment le trottoir.

C’est uniquement la peur de la police qui fait cesser la violence. L’empathie ? Le remords ? Rien de tout cela n’effleure les quatre agresseurs qui prennent la fuite pour éviter d’être arrêtés.

Selon le rapport de police, Emmanuel est en état de mort cérébrale sur le trottoir du « Nautic », tué par quatre hommes issus de la communauté des gens du voyage.

Sa femme Séverine est complètement sous le choc.

C’est une publication sur Twitter qui a révélé le drame. Dans un message publié lundi, l’amicale des anciens parachutistes de Montauban annonce le décès d’Emmanuel Cueff, ancien frère d’armes.

Le message est aussi accompagné de quelques mots de réconfort à sa famille, « Que Saint-Michel l’accueille et protège sa famille ».

Pour ce drame, les quatre agresseurs seront vraisemblablement jugés. La peine sera-t-elle à la hauteur ? Nul ne le sait encore et comme souvent, beaucoup en doutent.

Mais ces quatre gens du voyage sont-ils les seuls responsables de ce meurtre ? Ou bien, certains manquent-ils à la barre ?

Car la mort d’Emmanuel est la conséquence funeste d’un long enchaînement de décisions. Emmanuel n’est pas la seule victime de l’ensauvagement : la presse pullule d’exemples de Français agressés, volés, violés, tués.

À population quasi équivalente, l’Italie enregistrait 250 homicides en 2020 contre presque 1000 en France.

Citons Victorine Dartois, tuée pour une soi-disant « embrouille » et jetée dans une rivière, Axelle Dorier, traînée sous une voiture sur des dizaines de mètres à Lyon, et tant d’autres.

Qui sont les coupables ? Les lâches qui se laissent dépasser par des pulsions de meurtre ? Assurément, mais peut-être devrait-on aussi juger ceux qui ont été assez irresponsables pour laisser cette violence s’installer dans la société française ?

Peut-être devrait-on juger ceux de ces magistrats qui ont instillé le sentiment d’impunité dans toute la société ? Peut-être devrait-on juger ceux qui méprisent la basse douleur des victimes, ceux qui croient, sincèrement ou non, que la Justice est trop compliquée, trop sacrée, trop élevée pour s’abaisser à comprendre la colère des familles ?

Peut-être devrait-on juger ces idéologues qui insultent le père d’une victime du Bataclan, ceux qui écrivent des tribunes pour excuser les mauvais et accabler les bons ?

Ceux qui n’ont de compassion que pour les victimes qui ne leur ressemblent pas, qui habitent loin, alors qu’ils n’ont que du dédain pour leur voisin ?

Peut-être surtout devrait-on juger ceux qui ont laissé les Français se dresser « côte à côte » puis « face à face » ?

Ceux de ces ministres, de ces Présidents de la République, actuels ou passés qui ont été assez irresponsables pour inciter à libérer des dizaines de milliers de délinquants et de criminels depuis 20 ans ?

Ceux, assez irresponsables, pour refuser de construire les places de prison dont nous avons désespérément besoin ? Et ceux qui ont encore le culot de se présenter à des élections sans honte, après avoir laissé tant de drames se dérouler ?

Il y a aussi ceux qui ont ouvert les frontières, prétendant que des milliers de cadres dynamiques entreraient quand ce sont des milliers de délinquants et de criminels qui sont entrés.

Et ceux qui osent encore jeter l’opprobre sur quiconque dit ce qu’il voit : le lien évident entre immigration, délinquance et terrorisme.

Tous ceux-là ont participé à faire de notre pays un pays dans lequel un ancien parachutiste est tué gratuitement au cours d’une soirée ordinaire, devant sa propre femme.

Que Saint-Michel, patron des parachutistes, accueille Emmanuel, protège sa famille et pardonne à tous ceux qui ont directement ou indirectement participé à sa mort. Ils sont nombreux.

Avec tout mon dévouement,

Pierre-Marie Sève de l'IPJ
  Pierre-Marie Sève
Directeur de l’Institut pour la Justice

PS : vous pouvez retrouver mon hommage à Emmanuel Cueff sur Le Figaro en cliquant sur ce lien :
https://www.lefigaro.fr/vox/societe/une-violence-brutale-s-est-dechainee-sur-emmanuel-cueff-20211103


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