Cette lettre a été envoyée aux adhérents de l’Institut pour la Justice le 10 septembre 2021.

Pourquoi vous devez lire ce mail jusqu’à la dernière ligne.

Message important.

Chère Madame, cher Monsieur,

Le message que je vous envoie aujourd’hui est un peu long, mais vous devez connaître toutes ces informations car elles sont très importantes.

Très importantes pour qui s’intéresse à l’avenir de la France.

Vous avez forcément vu à la télévision que le procès des commanditaires des attaques terroristes du 13 novembre 2015 a débuté hier.

Salah Abdeslam, présent dans le box des accusés, s’est immédiatement fait remarquer par le Cour en déclarant « Tout d’abord, je tiens à dire qu’il n’y a point de divinité à part Allah et Mohamed est son serviteur » et « J’ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l’État islamique ».

Ce procès va durer 9 mois, toutes les personnes concernées par ces attaques vont être entendues. À partir du mois de novembre, les victimes s’exprimeront à la barre.

Toutes les personnes concernées ? pas tout à fait.

Aucun de nos dirigeants politiques ne devra s’expliquer sur la gestion des flux migratoires qui ont permis à des terroristes d’entrer en France au milieu de réfugiés syriens.

Aucun responsable ne devra retracer la soirée du 13 novembre pour justifier des décisions qui ont été prises ce soir-là…

Mais, quoi qu’il en soit, des accusés comme Salah Abdeslam vont être jugés pour les crimes auxquels ils ont participé.

Depuis hier, il est très dérangeant de le voir faire la Une des journaux. Les chaînes d’information en continu ont même filmé son trajet depuis la prison jusqu’au palais de Justice.

Salah Abdeslam est sous le feu des projecteurs, en a bien conscience et va sûrement en jouer.

Le détenu le plus cher de France

Je vous l’avais déjà écrit il y a quelques mois, le coût de détention de Salah Abdeslam est dix fois supérieur à celui d’un détenu standard. Il s’élève à 433 000 euros annuels.

C’est-à-dire : 36 000 euros par mois.

C’est-à-dire : 1 200 euros par jour.

Ses conditions de détention sont exceptionnelles. Huit agents pénitentiaires se relaient 24 heures sur 24 pour le surveiller ce qui représente 397 340 euros par an.

Ce qui fait de Salah Abdeslam le détenu le plus surveillé de France. D’ailleurs tout est disposé pour que ses moindres faits et gestes soient passés au crible : il y a cinq cellules vides autour de la sienne (la cellule vidéosurveillée qu’il occupe, une cellule libre et équipée en cas d’incident, une cellule dans laquelle le matériel et le dispositif de surveillance sont installés, une cellule dans laquelle il y a un rameur et un vélo à sa disposition et enfin la cellule à côté de la sienne laissée vide par sécurité).

Son isolement est quasi-total comme on l’entend partout. Mais en réalité, il peut téléphoner et reçoit des visites au parloir.

Depuis 2017, le détenu a accès à un espace de promenade sur le toit. Il peut y aller une heure le matin et une heure l’après-midi.

Au parloir, la vitre de séparation a été retirée pour qu’il puisse être en contact avec ses proches.

Le plexiglas devant la fenêtre de sa cellule a lui aussi été retiré.

Un tapis de prière et un exemplaire du Coran lui ont été remis pour qu’il puisse faire sa prière dans sa cellule.

Salah Abdeslam peut téléphoner. À sa soeur notamment, à laquelle il fait du prosélytisme islamiste tranquillement.

Il reçoit aussi du courrier et entretient une correspondance régulière avec quatre femmes, dont une dans le Tarn-et-Garonne. Cette « proche de la mouvance islamiste radicale » (comment aurait-il pu en être autrement ?) a « de longs échanges d’ordre théologique » avec lui.

Enfin, on lit souvent qu’il ne parle pas. Qu’il reste muet lors des auditions devant le juge. Qu’il préfère garder le silence même en prison. « Je ne parle pas aux singes », a t-il quand-même dit à l’un des surveillants, noir de peau. Le moins qu’on puisse dire est qu’il ne cache pas son racisme.

Qu’à cela ne tienne, Salah Abdeslam coûte à la France 433 000 euros par an.

Colette, 88 ans, agressée devant son petit fils de 10 ans

Bientôt un autre procès se déroulera à Paris, mais il fera sûrement beaucoup moins de bruit. Pourtant, l’affaire qui est en jeu pourrait devenir le symbole de ce dont nous souffrons.

Le soir du 9 septembre 2017, Colette Even, 88 ans, rentre chez elle, dans le 3e arrondissement de Paris (réputé plutôt tranquille) avec son petit-fils de 10 ans. Mais dans le hall de son immeuble, un homme la pousse par terre pour lui arracher son sac à main.

Colette tombe et se casse le col du fémur. Sa fille, qui venait de la ramener chez elle, est garée devant l’immeuble avec un autre enfant. Ils ont entendu un grand bruit quand la vieille dame est tombée.

Les deux enfants sont les seuls témoins de la scène. Son petit-fils de 10 ans a reconnu l’un des agresseurs dans le hall de l’immeuble, et celui qui était dans la voiture a aussi vu deux des agresseurs à l’endroit où le sac à main de Colette a été retrouvé.

Malheureusement, cette agression (devenue presque banale) ne s’arrête pas là. Colette meurt le 28 octobre d’un AVC (accident vasculaire cérébral) causé par le traumatisme qu’elle a vécu un mois auparavant.

L’expertise médicale précise que la cause de sa mort « est directement imputable à son agression » : « Colette était alerte et en pleine forme. Très sportive, elle avait été danseuse à l’Opéra de Paris en 1950. Malgré son âge, elle continuait à s’exercer quotidiennement, explique un magistrat. Et elle s’occupait beaucoup de son petit-fils. » (Le Parisien).

Les agresseurs, qui sont-ils ?

Trois jeunes hommes viennent d’être renvoyés devant la cour d’assises des mineurs de Paris pour vol avec violence ayant entraîné la mort et recel de vol. Mais sont-ils vraiment mineurs ? Impossible de le savoir précisément.

Car ces trois voyous sont des Mineurs Non Accompagnés, c’est-à-dire des « mineurs » qui n’ont pas de responsable légalement connu sur le territoire national.

Après l’agression de Colette, ils sont très rapidement interpellés par la police. Mais il est impossible de déterminer avec certitude leur nom, leur âge, leur nationalité…

Comme ils sont arrêtés pour un simple vol (!!!), ils sont remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Quelle aberration, comment peut-on remettre en liberté des suspects qui n’ont même pas de domicile où les retrouver ?

L’enquête se poursuit et l’on apprend que l’un des agresseurs, sur qui on a retrouvé le téléphone de Colette et la carte de transport d’une autre victime, a plusieurs identités :

  Mohamed
  Né entre 1991 et 2000
  Il s’est présenté successivement comme Marocain, Algérien et Tunisien.
  Il est arrivé en France en 2016.



« À Paris, il vit dans la rue ou dans des squats et, toute la journée, il est sous l’effet du cannabis ou du Rivotril (des cachets d’opiacés). Il a été arrêté à de nombreuses reprises pour des vols, mais son casier judiciaire est encore vierge.

Après son arrestation, l’ado est placé dans un foyer pour mineurs à Paris. Il fugue pour se rendre aux Pays-Bas, où il commet de nouveaux larcins. Il sera finalement interpellé en février 2019, après une altercation avec un agent SNCF.
 » (Le Parisien).

4 ans après la mort de Colette, ses trois agresseurs continuent à nier en bloc, sans remords ni états d’âme alors même que l’agression de la vieille dame a eu lieu sous les yeux de son petit-fils de 10 ans.

Le problème des mineurs non accompagnés est de plus en plus préoccupant, notamment dans les grandes villes. Selon l’ancien procureur de Paris, Rémy Heitz, « il s’agit clairement de l’enjeu le plus significatif en matière d’infraction de voie publique.

L’année dernière, ils représentaient les deux tiers des 4 000 mineurs déférés au parquet de Paris. Leur implication dans les cambriolages a fortement augmenté et, pour les vols avec violence, le nombre de MNA interpellés est passé de 21 % en 2019 à 31 % en 2020
 ».

Les crimes et délits commis par ces MNA ne cessent d’augmenter depuis plusieurs années. Mais que fait la Justice pour y répondre ?

Quelles dispositions ont été prises par les différents gardes des Sceaux pour sanctionner ces jeunes, défendre leurs victimes et protéger la société toute entière ?

Combien de Colette y a-t-il en France ?

De victimes laissées traumatisées ou sans vie ?

Alors qu’en face, il y a des délinquants dont on ne connaît ni le nom, ni l’âge, qui mettront des années à être jugés…

Et puis quand ils seront jugés, voilà ce qu’ils obtiendront de la Justice :

  S’ils sont mineurs, ils pourront bénéficier de l’excuse de minorité qui divise la peine qu’ils recevront en deux. (Si un voyou est condamné à 8 ans de prison, l’excuse de minorité ramène sa peine à 4 ans).
  Une fois en prison, ils bénéficieront très certainement des crédits de réduction de peine. Il existe les réductions de peine automatiques et les réductions de peine supplémentaires (devenues quasi automatiques).
  Une fois en prison, ils pourront également faire une demande de libération conditionnelle arrivé aux ⅔ de leur peine (s’ils n’ont pas déjà bénéficié de tous les crédits de réductions de peine).
  Et, lorsqu’ils ressortiront, qu’ils seront majeurs, il n’y a que très peu de chances qu’ils soient expulsés vers leur pays d’origine.



Bref, la Justice offre de nombreuses chances à des voyous qui comprennent que le système français permet tout et qui n’hésitent pas à en abuser.

Au détriment des victimes.

C’est pour lutter contre cette injustice que l’Institut pour la Justice existe et se bat. L’humanisme hémiplégique de la Justice crée des victimes et conforte les délinquants.

Notre travail consiste à rédiger des notes, des études et des argumentaires, à rencontrer les élus pour leur présenter nos idées, nos propositions de loi, nos amendements.

Nous étudions ce que les pays voisins font en matière de justice et voyons comment appliquer chez nous ce qui marche.

Nous rencontrons des victimes pour comprendre les failles du système, nous tâchons d’être entendus dans les médias, nous mobilisons le plus de monde possible car seul un très grand nombre de soutiens pourra légitimer notre action.

Mais nous avons besoin de moyens financiers pour faire tout cela.

L’Institut pour la Justice est une association indépendante, qui ne reçoit aucune subvention publique, et vit uniquement de la générosité des Français qui la soutiennent.

C’est pourquoi, je vous demande d’adresser un don le plus généreux possible à l’Institut pour la Justice en cliquant ici. Sans votre aide financière, nous ne pourrons absolument rien faire.

Nous serons condamnés à lire de nouveaux faits divers tous les jours, commis par des récidivistes, nous serons condamnés à regarder Emmanuel Macron et Éric Dupond-Moretti faire des effets de manches et des annonces sans résultats.

Nous serons condamnés à subir les vols, les violences et les crimes sans rien pouvoir faire.

Ne condamnez pas notre association à l’inaction. Faites un don, le plus généreux possible à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements,

Axelle Theillier
Présidente de l’IPJ

PS : faites un don le plus généreux possible en cliquant ici. Merci beaucoup.

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