La justice française piétine les victimes

Cette lettre a été envoyée aux adhérents de l’Institut pour la Justice le 3 février 2022.

 

La justice française piétine les victimes
Un quatrième procès pour le meurtrier de son fils

Axelle Theillier de l'IPJ Chère Madame, cher Monsieur,

Imaginez que l’un de vos enfants a été tué d’un coup de couteau. Votre monde s’est effondré le jour où les gendarmes ont frappé à votre porte pour vous annoncer l’impensable.

Votre peine est terrible, écrasante, et ne cessera jamais.

Mais il vous reste un dernier devoir à accomplir envers cet enfant qui vous a été arraché : obtenir justice. Que son meurtrier soit puni à la hauteur du crime qu’il a commis.

Après de très longues années d’attente vient enfin le procès, épreuve terrible au cours de laquelle vous revivez la mort de votre enfant. Puis le verdict : le meurtrier est condamné à trente ans de réclusion.

Mais il fait appel. Plusieurs années se passent encore, puis un nouveau procès. Et le jury populaire condamne une nouvelle fois l’assassin de votre enfant à trente ans de prison.

Justice est enfin rendue, pensez-vous. Après tant d’épreuves, vous allez pouvoir connaitre un peu d’apaisement…

Mais non ! Le meurtrier se pourvoit en cassation, et la Cour de Cassation annule le verdict de la cour d’appel !

Il y aura donc un troisième procès. Pour la troisième fois on va vous infliger cette souffrance d’être confronté à celui qui vous a pris ce que vous aviez de plus cher, entendre ses explications incohérentes, ses tentatives de justification…

Pour la troisième fois, le jury le condamne à trente ans.

Ça y est, c’est terminé.

Mais non ! Nouveau pourvoi en cassation et pour la seconde fois le verdict de la cour d’appel est cassé.

Un quatrième procès devra être organisé…

Ce cauchemar invraisemblable, c’est celui que vit Isabelle Cauet depuis bientôt dix ans.

Le 28 décembre 2013, son fils Kévin, âgé de vingt et un ans, a été poignardé par Samir Kouider.

Samir ne supportait pas que sa sœur, Ismène, se soit enfuie du domicile familial et, surtout, qu’elle soit en couple avec Kévin, parce qu’il était « français et non musulman ».

C’est que Samir se veut « protecteur de la famille ». Il a déjà frappé sa sœur, mais, a-t-il dit lors du premier procès, « uniquement pour son bien. Pour ne pas qu’elle sorte avec des filles de mauvaises réputations, qu’elle fume ou ait des rapports sexuels avant le mariage. »

Alors ce 28 décembre, Samir se rend au domicile de Kévin. Ce qui s’est passé ensuite n’est pas parfaitement clair, car Samir Kouider a livré beaucoup de versions différentes des évènements…

Ce qui est sûr, c’est qu’il a poignardé Kévin, qui est mort pratiquement sur le coup.

Samir Kouider a affirmé qu’il n’avait absolument pas l’intention de tuer, qu’il s’est juste défendu, qu’il a mis un coup de couteau « sans faire exprès » dans la jambe de Kevin.

Seulement voilà, l’autopsie a montré qu’il s’agissait d’un mensonge puisque Kévin eu « la veine jugulaire sectionnée et le poumon embroché par la lame ».

D’ailleurs, par trois fois, les jurés ont condamné Samir Kouider à la peine maximale.

Mais, lors du premier procès en appel, la cour a oublié d’indiquer le nombre de voix des jurés pour la majorité qualifiée nécessaire pour condamner l’accusé.

Et, lors du second procès en appel, elle a oublié de motiver la mesure de quinze ans de sûreté prononcée par le jury.

L’avocat d’Isabelle Cauet est abasourdi par tant de négligence. « Je n’ai jamais vu cela en 33 ans de barreau » explique-t-il au journal Le Parisien. « Quand on statue sur un renvoi de cassation, la moindre des choses c’est de rédiger une décision au cordeau en d’en relire à la loupe chaque syllabe. C’est absolument désolant… ».

Il envisage d’ailleurs d’attaquer l’État pour faute lourde.

Pour la mère de Kévin, cette succession de vices de forme qui obligent à tout recommencer est simplement insupportable.

« Un procès d’assises, c’est une torture. Ça fait huit ans que ça dure et à chaque fois, j’ai l’impression qu’on tue Kevin à nouveau. Je voudrais juste qu’on nous laisse tranquilles pour enfin faire notre deuil. »

À l’angoisse qui tord le ventre à l’approche du procès s’ajoute en plus la crainte que la peine qui sera prononcée pour la quatrième fois soit moins lourde.

C’est d’ailleurs exactement ce que recherche Me Nadia El Bouroumi, l’avocate de Samir Kouider. Selon elle, le mobile d’une vengeance anti-français a été « monté en épingle pour justifier la peine maximale. »

La mère de Kévin ne sait pas encore quand aura lieu ce quatrième procès, lors duquel la peine infligée au meurtrier de son fils sera peut-être réduite. Mais, elle qui n’a jamais voulu haïr personne, malgré sa douleur, en veut énormément aux magistrats.

« J’ai voulu donner l’exemple à mes fils, pour éviter qu’ils ne fassent de bêtise. Je leur ai répété mille fois qu’il fallait faire confiance à la justice, mais là, elle ne nous amène que du désespoir. »

Malheureusement, le cas d’Isabelle Cauet est loin d’être unique.

Les victimes sont les grandes oubliées du système judiciaire français, qui réserve toute sa sollicitude aux délinquants.

Redonner la parole aux victimes est notre mission. Et c’est pourquoi nous avons produit un documentaire exclusif « Coupables d’avoir été victimes ». En 1h20, il dévoile tout sur notre système judiciaire qui broie les victimes.

Vous y trouverez beaucoup de témoignages, aussi inimaginables que ce qui arrive à Isabelle Cauet, et des analyses de nos experts sur les maux de notre justice.

Plus ce documentaire sera visionné, plus son poids et donc le poids de l’Institut pour la Justice, sera grand !

C’est pourquoi vous devez voir et partager ce documentaire.

Pour le visionner
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Avec tout mon dévouement,

  Axelle Theillier de l'IPJ
  Axelle Theillier
Présidente de l’Institut pour la Justice





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