Cette lettre a été envoyée aux adhérents de l’Institut pour la Justice le 28 septembre 2021.

Victorine, 1 an déjà

Ce si joli sourire

Chère Madame, cher Monsieur,



Ce joli visage souriant est celui de Victorine, étranglée et noyée, il y a tout juste un an dans l’Alliat, un ruisseau qui traverse Villefontaine dans l’Isère. La jeune fille de 18 ans a été retrouvée à moitié dévêtue.

La veille, sa sœur lance un appel de recherche sur les réseaux sociaux. Toute sa famille est inquiète, ils connaissent Victorine : une fugue ne lui ressemble pas.

Le 28 septembre, deux jours après sa disparition, Sylvie, sa mère, prend la parole sur RTL. (Peut-être vous en souvenez-vous, son message m’a fait frémir).

« Elle nous manque, elle manque à ses sœurs, à son frère, à tout le monde. Victorine, là où tu es, si tu m’entends, ne t’inquiète pas ma chérie, tout le monde te recherche. Et s’il y a un agresseur, s’il m’entend, qu’il relâche notre fille. Rendez-nous la, c’est tout ce que l’on vous demande. »

Car oui, il y a bien un agresseur. Un meurtrier même.

Grâce au prélèvement ADN effectué sur les vêtements de Victorine, un individu est identifié.

Ludovic B. : 25 ans, « bien connu des services de police » (la traditionnelle expression), déjà condamné une dizaine de fois pour des faits de violence, des délits routiers et des affaires de stupéfiants.

Déjà condamné une dizaine de fois, il n’a jamais été incarcéré grâce à des aménagements de peine.

Il habite à moins d’un kilomètre de chez Victorine. Et ce 26 septembre, le hasard a voulu que la jeune fille croise la route de ce voisin qui va devenir son bourreau.

Le meurtier présumé est mis en examen le 15 octobre pour « enlèvement, séquestration et meurtre précédé d’une tentative de crime » (soupçon de viol sur Victorine).

Les médias commencent à diffuser la photo de Ludovic B. ce qui déclenche une nouvelle enquête.

Une autre jeune femme reconnaît la photo dans les journaux. Pour elle, il s’agit de l’homme qui l’a violée en 2018, quand elle avait 20 ans, dans un département voisin.

L’enquête est en cours et l’Institut pour la Justice va rester très attentif.

Ce qui est arrivé à Victorine est innommable.

La souffrance de cette jeune femme, la douleur de ses parents, de ses frère et soeurs, l’émotion de tous ses amis. Victorine, étudiante en BTS, était jeune, belle et souriante, mais elle a été fauchée.

Fauchée par un criminel qui mérite une sanction exemplaire.

Mais aussi fauchée par notre système judiciaire qui accorde des « secondes chances » avec une légèreté coupable et aveugle.

Comment un homme avec dix condamnations a-t-il pu éviter la prison ?

En étant jugé en France tout simplement.

C’est à cause d’histoires aussi tristes et scandaleuses que celle de Victorine que l’IPJ se bat : nous exigeons une justice plus ferme car c’est la seule façon d’éviter de nouvelles victimes.

Victorine serait peut-être toujours en vie aujourd’hui.

Avec tout mon dévouement,

Axelle Theillier
Présidente de l’Institut pour la Justice

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