Ce que les 2 candidats veulent vous dire – Nous avons interviewé les candidats?

Cette lettre a été envoyée aux adhérents de l’Institut pour la Justice le 21 avril 2022.

 

Ce que les 2 candidats veulent vous dire – Nous avons interviewé les candidats?

Pierre-Marie Sève de l'IPJ Cher lecteur,

Je ne vous l’apprends pas, une échéance importante pour la France arrive ce dimanche 24 avril.

Il y a quelques jours, suite au premier tour de l’élection présidentielle, je vous avais donc promis d’interroger les 2 candidats sur leur vision de la Justice et de vous transmettre leurs réponses.

C’est ce que j’ai fait.

L’Institut pour la Justice étant apolitique et non-partisan, j’ai évidemment contacté les deux candidats, Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Malheureusement, l’équipe d’Emmanuel Macron n’a pas répondu à notre sollicitation.

En revanche, l’équipe de Marine Le Pen l’a fait très rapidement, par l’intermédiaire de Jean-Paul Garraud.

Jean-Paul Garraud a récemment été annoncé comme futur Ministre de la Justice par Marine Le Pen si elle était élue.

C’est un ancien brillant magistrat, ancien vice-président du tribunal de Paris, qui avait beaucoup travaillé avec l’Institut pour la Justice alors qu’il était député UMP, à la fin des années 2000.

Je vous transmets donc ici les questions que j’ai posées à Jean-Paul Garraud, puis ses réponses.

À la suite de ces réponses, libre à vous de vous faire votre propre idée du programme Justice de Marine Le Pen.

Pierre-Marie Sève : En 2 mots, comment résumeriez-vous les maux de la Justice française ?

Jean-Paul Garraud : Difficile tellement le sujet est vaste ! Mais, on peut résumer ainsi :
  Un manque criant de moyens humains et matériels.
  Une Justice au quotidien interminable et coûteuse qui s’est éloignée des citoyens avec la suppression des tribunaux d’instance et la réforme de la carte judiciaire pour de prétendues raisons d’économies budgétaires.
  Une Justice pénale qui ne fait peur qu’aux gens honnêtes, les délinquants d’habitude ne redoutant plus la sanction devenue « alternative » et « aménageable »…

PMS : En quoi le programme Justice de Marine Le Pen est-il meilleur que celui d’Emmanuel Macron ?

JPG : La Justice est pour nous une priorité absolue, la restauration d’un pilier majeur de l’État, le rétablissement de l’ordre et de l’autorité, d’où :
  Des moyens très importants, des recrutements inédits de magistrats et de fonctionnaires, mais aussi des simplifications procédurales pour gagner du temps et de l’argent.
  Le rétablissement des tribunaux d’instance, la proximité, l’accès à la Justice.
  Une grande politique en faveur des victimes dont les droits seront pour le moins équivalents à ceux des délinquants.
  Une chaîne pénale rétablie avec la police/gendarmerie, gage d’efficacité et de confiance réciproque.
  Une politique pénale qui ne fera plus du délinquant une victime de la société et qui redonnera du sens à la peine.

À « l’érosion » des peines, nous substituerons la certitude de la peine.

Et nous remplacerons aussi le principe d’opportunité des poursuites par un principe de légalité de ces poursuites qui, une fois l’infraction constituée, rendra obligatoire cette poursuite par le Procureur.

Ce sera aussi une grande avancée pour les victimes, le classement sans suite étant actuellement la première réponse pénale !

PMS : Quels éléments, dans la vie de Marine Le Pen, tendent-ils à prouver qu’elle prendra le sujet de la Justice à bras-le-corps ?

JPG : Elle connaît bien l’institution et le travail au quotidien de la Justice puisqu’elle a exercé pendant des années la profession d’avocat. Et pas un avocat du style Dupond-Moretti !

Non, avocat des « petits » dossiers mais qui ont tellement d’importance pour les citoyens !

Avocat des commissions d’office et de l’aide juridictionnelle aussi, le monde réel de la Justice en fait.

Mais, au-delà, elle est persuadée de l’importance de la Justice dans la société, de sa fonction sociale et symbolique, de cette vertu de Justice au sens large du terme.

Elle s’est donc impliquée personnellement, et depuis longtemps, dans ce domaine. Nous avons déposé ensemble un livre blanc sur la Justice avec 95 propositions en février 2020 !

PMS : Y a-t-il un mot en particulier que vous souhaiteriez adresser aux sympathisants de l’Institut pour la Justice ?

JPG : Je connais bien l’IPJ, la qualité de ses travaux, de ses publications, de ses intervenants.

Je me souviens de l’époque, durant les années 2000, où rapporteur UMP de plusieurs projets de loi Justice, j’avais pris l’initiative d’entendre, à l’Assemblée Nationale, l’IPJ.

J’étais, je crois, le premier à reconnaître très officiellement le rôle majeur de cet institut en faveur des victimes, sujet qui m’a toujours tenu à cœur.

Et je compte bien à présent, grâce à l’élection de Marine Le Pen, concrétiser tout ceci !

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Je remercie Jean-Paul Garraud pour ses réponses. Je regrette également l’absence de réponse de l’équipe d’Emmanuel Macron.

Mais je ne suis pas étonné.

De tous les sujets, c’est la Justice dont Emmanuel Macron s’est le moins préoccupé durant cette campagne.

C’est simple, il n’a fait strictement aucune annonce, si ce n’est la dématérialisation des dépôts de plaintes…

Bref, peu importe le résultat de dimanche, l’Institut pour la Justice ne cessera pas un seul instant son combat pour que la Justice française redevienne juste.

Et je suis très heureux de me battre à vos côtés, cher lecteur, et aux côtés de toute l’équipe de l’Institut pour la Justice.

Avec tout mon dévouement,

Pierre-Marie Sève de l'IPJ
  Pierre-Marie Sève
Directeur de l’Institut pour la Justice





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