L’élection présidentielle a réservé une drôle de surprise

Cette lettre a été envoyée aux adhérents de l’Institut pour la Justice le 13 avril 2022.

 

À deux doigts de la catastrophe – L’élection présidentielle a réservé une drôle de surprise

Pierre-Marie Sève de l'IPJ Cher lecteur,

En ce début de semaine, il y a un sujet que je ne peux pas esquiver : les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle sont tombés.

Vous avez sûrement votre propre avis, votre propre sentiment sur ces résultats. Je ne compte d’ailleurs pas vous dire quoi penser  : l’Institut pour la Justice étant apolitique et non-partisan.

Notre rôle est de travailler avec tous les politiques pour faire avancer la Justice.

Malgré tout, il y a une seule chose que je voudrais vous dire.

Nous sommes passés à 2 doigts de la catastrophe

Jean-Luc Mélenchon a obtenu 22% des voix. À 1% des voix près, il aurait pu être présent au second tour.

Plus inquiétant encore, Jean-Luc Mélenchon est largement en tête dans la catégorie des 18-34 ans. Alors qu’en 2017, c’est Marine Le Pen qui était en tête.

Que nous réserve l’avenir…

Il y a beaucoup d’explications à ce score : Mélenchon a fait une belle campagne, il a profité du vote utile à gauche, il a su exploiter le ras-le-bol vis-à-vis d’Emmanuel Macron.

Et moi-même, je trouve des qualités à Jean-Luc Mélenchon : c’est un excellent orateur, un homme cultivé et il a une sacrée répartie en débats.

Mais ce score m’a fait très peur.

Pourquoi ?

Car, en ce qui concerne la Justice et la sécurité, l’arrivée au pouvoir de Jean-Luc Mélenchon aurait été tout simplement une catastrophe.

Dans son programme (disponible sur le site melenchon2022.fr), Jean-Luc Mélenchon proposait :

  une loi d’amnistie pour libérer des milliers de détenus dès son arrivée au pouvoir.
  la dépénalisation de dizaines de délits.
  le « renforcement drastique du nombre de juges d’application des peines » (qui sont les juges qui réduisent les condamnations).
  le rétablissement des remises de peines automatiques.
  les « centres pénitentiaires ouverts deviendront la norme ».
  la présence de l’avocat lors des perquisitions.
  l’abrogation de la procédure de comparution immédiate.
  Ou encore, le « renforcement des droits des personnes détenues. »…
  Je m’arrête là, car il y en a d’autres…

Mais c’est également l’entourage de Jean-Luc Mélenchon qui est terrifiant d’idéologie :

  Il est proche du Syndicat de la Magistrature, invité lors de l’« Union populaire de la Justice » ou auditionné par Ugo Bernalicis à l’Assemblée nationale. Ce syndicat est l’incarnation du laxisme des juges, auteur du fameux « Mur des cons ».
  Ensuite, Thomas Guénolé, le Monsieur Justice de Jean-Luc Mélenchon, a déclaré « Je dis que l’insécurité réelle est très faible en France » dans une interview à VA+ en mars dernier. Autre extrait : « il y a un effet de loupe de surmédiatisation des faits divers ». En oubliant bien sûr, que le nombre d’agressions a doublé depuis l’an 2000.
  Plus largement, Jean-Luc Mélenchon souscrit à 100% des thèses du laxisme judiciaire. Il se dit contre la police, contre la prison, pour les délinquants et il souhaite ouvrir les vannes de l’immigration comme jamais.

En 2027, Jean-Luc Mélenchon ne sera certainement pas candidat, mais ses idées seront représentées.

D’ici là, je compte sur chacun d’entre vous pour ne pas céder un pouce à ses idées.

Car celles-ci mèneraient la France entière dans un mur : l’insécurité exploserait littéralement en l’espace de quelques mois.

Et le deuxième tour ?

Aujourd’hui, il reste Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Vous vous en souvenez peut-être, je vous avais envoyé un comparatif de programmes il y a quelques semaines, préparé par l’équipe de l’Institut pour la Justice.

Le voici, si vous ne l’avez pas vu.

(Si l’image ne s’affiche pas maintenant, cliquez ici)

Ce comparatif de programmes était peu flatteur pour Emmanuel Macron.

Pour la simple et bonne raison qu’Emmanuel Macron n’a pas de programme « Justice », et que son bilan est loin d’être reluisant.

S’il n’est qu’en partie responsable de la situation sécuritaire actuelle, il n’a absolument rien fait pour y remédier.

J’en parlais notamment dans une interview au Figaro (voir ici).

Hier après-midi, Gérald Darmanin a d’ailleurs annoncé qu’il était contre les peines planchers, qui sont pourtant une des premières mesures à mettre en place pour sauver la Justice…

Rappelons à Monsieur Darmanin que les peines planchers existent en Espagne, en Italie, à Monaco, en Suisse, en Allemagne, au Luxembourg et en Belgique ! C’est la base d’un système judiciaire efficace.

De son côté, Marine Le Pen affiche un programme très solide. Elle a également montré, dans l’interview qu’elle nous a donnée (voir ici), qu’elle connaissait le sujet de la Justice.

J’attends donc les 2 semaines de campagne restantes avec intérêt, à l’affût de nouveaux positionnements des candidats sur la Justice. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant !

J’ai d’ores et déjà contacté Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour leur demander des précisions écrites sur leur programme. Je ne manquerai pas de vous donner leurs réponses.

En attendant, cher lecteur, je vous souhaite une très bonne fin de semaine,

Avec tout mon dévouement,

Pierre-Marie Sève de l'IPJ
  Pierre-Marie Sève
Directeur de l’Institut pour la Justice





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